Vivre différemment …

Le malheur provient toujours de ce que l’on se sent prisonnier à l’intérieur de sa propre peau, 
de sa propre cervelle. (Daleï Lama)

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La voici rendue à la croisée des chemins. Le couperet est tombé. Ma mère doit être placée en résidence. Heureusement, maman est en bonne santé malgré son âge avancé. Avec sa médication prise adéquatement,  maman  reprend peu à peu contact avec sa vie. Elle apprend qu’elle doit dorénavant vivre autrement, ce qu’elle n’accepte pas. Son anxiété,  sa peur, ses angoisses se transforment en colère et en crise de larmes qu’elle nous projette en pleine figure. Sa colère est énorme, ses mots sont blessants, ses larmes sont déchirantes.

Avons-nous fait le bon choix?  Y-a-t-il une autre option? Non! Tout a été pensé,  analysé et discuté afin de trouver ce qu’il y a de mieux pour maman et André. La décision a été prise en fonction de leur capacité à gérer le vieillissement et la perte d’autonomie. André est autiste et ne comprends pas ce qui se passe. Il est angoissé et a peur du lendemain.

Maman est acceptée à la résidence Mg Forget de St-Jean sur Richelieu où elle pourra vieillir auprès de nous,  ses enfants. André vient vivre avec moi et Sylvain, ici, à St-Jean.  Il sera près de maman et de nous tous, sa famille.

Trois semaines se sont écoulées. C’est beaucoup d’émotions à vivre et à gérer.   Ça chamboule nos vies. Ça gruge notre énergie. Ça met notre moral à l’ épreuve. Mais nous sommes tous unis, familles et amis pour affronter la tempête. Voila notre force!

Je comprends le deuil que maman vit. Elle regarde  s’ éteindre la personne qu’elle était. Perdre un enfant a été pour moi la plus grande épreuve que j’ai eu à vivre. Perdre son moi, faire le deuil de ce qu’on était doit être aussi difficile à accepter. Mais le bonheur passe par l’acceptation et la volonté de regarder en avant.

À la r’voyure …

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À la croisée des chemins

L’avenir a le don d’arriver sans prévenir.  (Georges F. Will)

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16 avril 2015, nous sommes rassemblés chez ma mère pour fêter ses 88 ans. Malgré les petits bobos reliés à l’âge,  Madeleine se porte bien. Elle sait ce qu’elle veut, elle connait bien ses limites et sait surtout ce qu’elle ne veut pas. Aidée de mon frère André, elle gère le quotidien de mains de maître.  Elle a toujours sa tête de leader, personne ne lui dira ce qu’elle doit faire.

C’est un bélier dans tous les sens du mots. Elle fonce pour faire son chemin, entrainant dans son sillon enfants et mari. Cette force de caractère nous a permis  de manger trois repas par jours lorsque mon père a fait une trombose majeure. À cette époque, MARC, la septième bouche à nourrir n’a que quatre mois. En pensée,  je revois ma mère installer confortablement mon père dans la chaise longue de jardin, rentrée à l’intérieure face à la télé. Elle lui met mon jeune frère dans les bras tout en ayant soin de laisser à mon père ce dont il a besoin à portée de main. Nous quittons pour l’école, ma  mère part pour quelques heures aider la voisine moyennant contribution. Ma mère, c’était ça!  Une battante, une leader, un chef.

Aujourd’hui elle se retrouve à la croisée des chemins.  Elle a 90 ans. Petit à petit,  son corps s’épuise et son cerveau a des ratés. J’ai vue cette femme dans la peau de ma mère,  il y a deux ans lors d’une visite habitelle. Nous lui parlions mais dans ces yeux je n’y voyais que du vide, elle ne comprenait pas, ne suivait pas la conversation. Elle était là sans y être. Ça donne un choc de la voir si perdue, elle qui a toujours eu le plein contrôle sur tout.

Depuis, son état a continué à se détériorer assez pour nous alarmer et nous inquiéter. Les pertes de mémoire et les périodes d’absences se font plus fréquentes. À cela s’ajoute l’agressivité et les paroles méchantes, le refus des services d’aide  et l’entêtement à rester dans sa maison.

Mercredi passé, ma mère est admise à l’hôpital pour des douleurs et pour un désordre cognitif.  Elle a repris ses esprits à l’hôpital mait ce fut de courte durée.  Quand je lui ai téléphoné jeudi, malgré le fait qu’elle me reconnaissait, ses propos n’avaient aucun sens.

J’ai tenté de la joindre par téléphone  trois fois hier après -midi sans succès. Que faisait elle?  Avait-elle de la visite?  Se promenait-elle dans le corrridor? Probablement! Je suis rassurée de la savoir à l’hôpital car elle est en sécurité.

Lundi, les médecins feront le point afin de déterminer les besoins et les soins appropriés à son état. C’est le point de non retour. Elle quittera l’hôpital pour un centre de personne en perte d’autonomie. Un conseil de famille se tiendra sous peu pour décider de l’endroit ou ira notre mère ainsi que de la prise en charge de mon frère André.
Pour ce qui est d’un établissement adéquat,  nous en visiterons un près d’ici ou il y a justement de la disponibilité. La famille décidera de ce qui convient le mieux pour chacun. Le but est de rendre le quotidien de ma mère et d’André agréable, confortable, où ils pourront se sentir à nouveau chez eux et heureux.

Nous traversons une période moralement difficile. Personnellement, je suis peinée de voir que ma mère devra finir ses jours d’une façon qu’elle a toujours rejetée.  Mais comme on dit : nous sommes les créateurs de notre  propre bonheur.
Je n’ai jamais compris ce qui motive ma mère à s’ entêter de la sorte mais c’est la vie qu’elle s’ est bâtie et je respecte ça.

À la r’voyure …

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Lettre à Sébastien

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Tu es parti depuis trois ans. C’est comme si c’était hier. Le temps a fait son oeuvre, la plaie se cicatrise, la douleur est moindre. Chaque jour, j’ai une pensée pour toi même si la vie a repris son cour. Ta bien – aimée a terminé son cours d’assistante vétérinaire.Son travail lui apporte beaucoup de réconfort.
Ta soeur s’ est mariée un an après ton départ.
Elle et moi avons fondé Pictom. Depuis, ton père s’ est associé à nous et seconde Isabelle. Pictom est sur une belle montée.
Tu nous a laissé en héritage une belle leçon de vie.  Quand ça va moins bien, on relit tes textes, tu nous portes à la réflexion. On s’ inspire de ta sagesse. Tu guides nos pas. C’était peut-être ça ta mission sur terre.
Ton passage sur terre a été de courte durée mais tu as laissé ton empreinte, tu as marqué les gens qui ont croisé ton chemin. Tu as semé du bonheur autour de toi. Notre mémoire est remplie de tes rires, de tes gaffes, de ta naïveté, de ton côté enfant. Tu savais rire, t’amuser mais tu étais fidèle à tes responsabilités.
Tu as fait notre bonheur, tu es notre fierté.
Nous t’aimerons éternellement.

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Bonne fête Simon

Là où règnent force intérieure et confiance en soi disparaissent méfiance, peur et doute.
( Daleï Lama)

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Hé oui! Simon a 16 ans aujourd’hui. Dernière année de secondaire, le CEGEP l’attend.
Simon est le dernier arrivé dans la famille mais non le moindre. Simon est le fils d’Ugo et de Chantal, emportée par le cancer quelques semaines avant Sébastien. Nous sommes des grands-parents qu’il a adoptés. Nous le considérons comme notre petit-fils.
Simon est d’un tempérament plus réservé. C’est un intello, ce qui ne l’empêche pas d’être sportif. Simon performe en solo, il était le top dans ses cours de plongeon et de natation. Au cirque, son côté comédien et ses prestations hautes en couleurs font de lui la vedette de la soirée.  Quand il fait quelque chose qui le passionne, il se donne à fond. Il est très intelligents, habile de ses mains, il a de la souplesse et il est TRÈS compétitif. Il met tous les efforts pour atteindre son seul but, GAGNER, ÊTRE le MEILLEUR. Et il y parvient. Il m’épate tout simplement. Vous comprenez pourquoi Thomas l’idolâtre. Quel bel exemple pour lui, c’est comme un super héros. 
Simon est un ado facile. Avec lui jamais d’éclats de voix, d’humeur toujours égale,..  Il a su s’entouré d’amis de qualités. C’est le garçon que toutes mères aimeraient avoir.
Simon a pris son cours de conduite pour moto. Il a travaillé tout l’été dans les cuisines d’un resto et chez Machin Chouette comme moniteur. Ces patrons l’apprécient beaucoup. C’est rare de trouver un jeune qui fait son travail avec sérieux. Quel bon garçon! 
Simon je t’aime énormément. Tu as conquis mon coeur. Tu m’émerveilles! Tu accompliras de grandes choses car tu ne doutes de rien, tu n’as peur de rien mais tu ne fais rien à la légère quand c’est sérieux.
Bonne fête mon grand, que ta journée te comble de bonheur et d’amour.

Je vous ai présenté mes trois amours avec fierté. Je réalise la chance que j’ai de partager leur vie. C’est un cadeau inestimable.

Je retourne au travail et vous dis …
À la r’voyure …

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Charmant Thomas

Si l’humanité était capable de s’instruire par l’observation directe des enfants, j’aurais pu m’épargner la peine d’écrire ce livres. (Sigmun Freud)

 

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Thomas est mon deuxième petit-enfant. C’est de lui que Pictom est né.
La première année de sa vie est assez chambardé. Il pleure constamment, on ne sais pas pourquoi. À l’âge de cinq mois, il est sauvé in – extrémiste par un premier répondant et transporté à l’hopital pour une méningite. Puis vient la séparation de ses parents et l’arrivée d’Ugo qui deviendra pour lui un père aimant. Simon, fils d’Ugo, est l’idole incontestable de Thomas. Ainsi commencent ses premiers pas dans la vie.
Tom aime être dehors. Il s’ amuse à attraper des grenouilles, à ceuillir des pissenlits, à transporter du foin dans sa petite brouette, à donner la moulée aux chevaux, à attraper les chats et les flatter, à s’élancer dans le foin, à se tirailler avec son frère. Ses journées sont remplies de rire et de jeux. C’est un enfant heureux quand il a plein de monde autour de lui.
En grandissant, Thomas démontre des signes d’anxiété. Il n’a aucun contrôle sur ses émotions. L’école ajoute son lot de problèmes. Mais il n’est pas seul. Isabelle le prend en main dès l’âge de quatre ans et sur les conseils d’un neuropsychologue elle crée des tableaux pour aider Thomas à mieux fonctionner au quotidien. Depuis Thomas a acquérit de l’assurance, de la confiance en soi. Il a apprit à reconnaître ses émotions, à les gérer et à mieux les vivre.
Quand je regarde tout le cheminement accompli par ce bout d’homme, je ne peux qu’être fière de ce champion et féliciter Isabelle pour cette grande réussite. Le voilà bien outillé pour affronter la vie.
Mais ce qui me touche le plus dans ce petit homme est son côté charmeur, son humour, son sens du travail bien fait, sa force de caractère, sa persévérance, son esprit sportif et compétitif, son goût d’aider, son besoin de plaire. J’admire la volonté et le courage qui l’animent et le poussent à aller plus haut, plus loin, tout le potentiel d’un gagnant, d’un leader
Voilà pourquoi Thomas est si charmant, si attachant, si adorable! On ne lui résiste pas. On ne peux que l’admirer et l’aimer.
Grand-maman est très fière de toi mon grand, je t’aime, tu est le meilleur.

Avant de vous laisser, je veux vous dire combien vos commentaires me touchent. Merci à vous et …
À la r’voyure …

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Douce Kayla

La question n’est pas de savoir si “la vie a un sens” mais comment pourrais-je donner un sens à ma propre vie ?
(Daleï Lama)

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Hier j’étais volontaire pour aller chercher ma petite- fille Kayla au centre équestre où elle offre son aide pendant l’été.  Assise dans l’auto pour l’attendre, je regarde  le va et vient qui règne dans le manège . De loin, j’aperçois ma belle Kayla sur un poney. Je me rends voir et lui demande ce qu’elle fait sur un petit cheval !!!! Elle avais la responsabilité de faire galopper ce poney pour le faire maigrir et ainsi développer son endurance à l’effort. Et je lis dans ses yeux la fierté de mériter la confiance de son entraineur car ce travail demande une attention constante. Lorsque le cheval s’épuise elle doit le mettre au pas puis retourner au galop quand il reprend son souffle. Les chevaux! C’est sa passion!

Elle est née avec cet amour pour les chevaux, elle a grandit avec eux. Pendant que j’attends et que j’admire ce petit bout de femme, des images défilent dans ma tête. Elle avait trois ans quand, assise à califourchon et bien agrippée à la crinière de Dali,  Syvain ramenait  notre vieille jument du pacage à l’ écurie pour manger son grain. Je la revoie encore nous faire signe du haut de son balcon pour qu’on l’embarque dans le boghey pour la ride  avec notre canadienne Soleil. 
Depuis, Kayla a grandit, elle demeure en ville mais sa passion pour les chevaux est toujours là.  C’est en elle. Ses parents l’on inscrite en sport étude pour une  deuxième année dans la discipline équitation. Ça a transformé sa vie. De petite fille renfermée sur elle même qu’elle était,  elle a développé l’estime de soi et par le fait même,  la confiance en soi.

Kayla est une ado vraiment spéciale. Kayla, c’est la sensibilité à fleur de peau; c’est la douceur, la délicatesse, la tendresse, la compassion; des qualités difficiles à gérer et à accepter pour une ado vivant à l’ère de l’invidualisme et de la violence.  Soutenue et encouragée par des parents attentionnés, Kayla s’épanouie en toute splendeur. Telle une fleur qui  souvre au printemps,  Kayla grandit en beauté, je parle ici de sa beauté d’âme.
Je la regarde encore quand elle me demande si elle peut finir ce qu’elle a commencé. Toujours aussi attentionnée! Tu peux continuer, ma grande, j’ai tout mon temps. Il est vrai de dire que c’est la première fois cette été que je ne suis pas pressée  par le temps. Je savoure cette chance qui m’est donnée de vivre un moment  partivulier avec ma petite-fille (plus grande que grand-maman maintenant)

Ma belle Kayla, je t’aime de tout mon coeur.  Tu me remplis de fierté. Sois fière de qui tu es car tu es une perle en devenir. Dis-toi que plus une pierre est rare, plus grande est sa valeur. Crois en toi, tu accompliras de grande chose.

Le bonheur d’être grand-parent: C’est d’avoir la chance de voir grandir nos petits enfants dans une famille ou règne l’amour et le respect.

Sur ce je vous dis , à la r’voyure …..

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Je reviens à l’écriture ….

Mettez-vous toujours à la place de l’autre. Renoncer un temps à vos opinions, à vos jugements afin de le comprendre. Bien des conflits peuvent ainsi être évités. (Daleï Lama )

Écrire! Quel beau médium!  Offrir ses pensées, rejoindre les gens ! L’écriture!  un thérapeute à ma portée!

J’aime écrire, j’aime partager. J’écris pour moi, j’écris pour ceux qui ont le goût de me lire. J’écris dans le but d’un partage positif. J’écris pour mettre en évidence les bonheurs quotidiens, si minimes soient-ils. J’écris pour toucher les gens, être  avec eux dans leur noiceur, semer de l’espoir…

À la mort de mon fils, j’ai mis ma plume aux oubliettes, je me suis retirée dans ma noirceur. Écrire du négatif ne m’apporte rien. Pire encore, il me maintient dans cette pénombre. Ceux qui me côtoient connaissent mon histoire. La dépression a envahi mon âme, a saccagé ma vie et écorché mes proches. J’ai écrit ma douleur, mon désespoir dans mon livre noire, thérapeute toujours là, prêt à recevoir ma hargne et mes larmes. J’ai pesté contre la vie, contre Dieu, contre la fatalité. C’est par l’écriture,  un courriel emvoyé à SOS-Suicide, qu’une porte vers la guérison s’est ouverte pour moi.

Aujourd’hui, mon livre noire a remplacé ma plume aux oubliettes. Mon coeur a retrouvé sa joie de vivre. Trois ans plus tard, je retrouve mon moi. La vie a repris ses couleurs,  le rire égaye mes journées. Il fait bon vivre. Sébastien riait tout le temps.  Même en phase terminale, il jouait, il s’ amusait avec nous car vivre pour lui, c’était ça.

Ce matin j’étais au gym avec Sylvain, une activité banale comme tant d’autres. Moi j’y voyais toute la chance que j’ai de partager une activité que nous aimons et que nous avions mise de côté depuis quelques mois par manque de temps. Nous terminons toujours nos exercices par un passage à la chaise- massage: un 30 minute de détente pour les muscles et pour moi. Un deux heures de bien être qui fait vibrer mon coeur et ensoleille ma journée.

Je termine donc ce billet avec mon habituel …
À la r’voyure…

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